1802 4e Rue

Sérigraphie sur panneaux en merisier, gravure et feu.

Une maison regorge de souvenirs et d’histoires. Ses murs se marquent de tous nos gestes du quotidien, de nos doutes, de nos réussites et de nos échecs. La maison est une seconde peau. Elle nous tient au chaud l’hiver et veille à nous protéger du monde extérieur. Mais qu’arrive-t-il lorsque ce lieu nous est brusquement arraché?

En avril 2024, la maison qui m’a vu grandir a subi un violent incendie. En une nuit, le feu a transformé ce lieu en modifiant ses textures et en dévorant les souvenirs contenus entre ses murs. Devant ce drame, j’ai ressenti une urgence de documenter photographiquement chaque étape, de l’incendie jusqu’à la démolition de la maison. L’œuvre 1802 4e Rue est une étape cruciale dans mon processus de deuil. Avec un regard poétique, sensible et optimiste, je souhaite mettre en lumière ce que les flammes laissent derrière. En effet, le feu nous arrache bien des choses lors d’un incendie, mais il peut aussi révéler une beauté insoupçonnée. Cette œuvre est le reflet de ma mémoire face à cet événement. Plus le temps avance, plus mes souvenirs s’effritent, se désintègrent et se transforment pour laisser place à des fragments qui reconstitue l’histoire du lieu. C’est pourquoi les images dans l’œuvre ont été traitées de manière à créer une dynamique entre l’apparaissant et le disparaissant. Par son aspect architectural, l’œuvre vise à rappeler la dimension physique de notre rapport à la maison ainsi qu’à ses murs dans lesquels ont été encrées les images. Ensuite, j’ai utilisé les flammes pour brûler les matériaux et les impressions afin de recréer cette poésie que j’ai vue dans le 1802 4e Rue. Par cette œuvre, je désire souligner que, même dans la profonde noirceur, une fleur poussera dans l’empreinte de ce qui a été ma maison.

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